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Universal Genève Tribute to Compax : un ultime hommage à Nina Rindt

Dans les années 1960, une femme a fait basculer l’univers de l’horlogerie de luxe. Pas par ses inventions technologiques, mais par son flair intemporel. Nina Rindt, mannequin finlandaise et épouse du champion de Formule 1 Jochen Rindt, a transformé une montre fonctionnelle en icône de style. Aujourd’hui, Universal Genève rend hommage à cette légende avec la Tribute to Compax, une collection ultra-exclusive de six montres qui marie histoire, art et savoir-faire d’exception.

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Tout commence au paddock de Formule 1. Nina est là pour chaque course, élégante et discrète, chronométrant les tours de son mari avec une Universal Genève Compax au poignet. Mais il y a une histoire derrière cette montre. Jochen Rindt, cherchant la précision maximale pour suivre ses performances, aurait même demandé à ce que l’aiguille des secondes du chronographe soit teinte en rouge plutôt qu’en noir, pour une meilleure visibilité dans le cockpit.

Ce détail apparemment anodin dit tout de la philosophie d’Universal Genève : adapter l’instrument au besoin, la fonction au style. Nina, elle, voyait les choses différemment. Le bracelet métallique lui semblait trop brut, trop masculin. Lors d’un voyage à Paris, une large manchette en cuir attire son attention depuis une vitrine. Connu sous le nom de bracelet bund, ce modèle avait autrefois protégé les pilotes des années 1920 de la chaleur du cockpit. Inspiré par les manchettes des gladiateurs de Grèce antique, il revêtait une charge masculine indéniable.

Nina a vu au-delà de ces origines martiales. Une fois sa Compax glissée dans cette manchette en cuir parisienne, la magie s’est opérée. La montre n’était plus seulement un chronographe de précision ; elle devenait audacieuse, atypique, d’une modernité déconcertante. Les photographes du paddock capturaient cette femme élégante et sobre, sa Compax au poignet. Ces images ont fait le tour du monde. Au fil des années, les collectionneurs ont donné son nom au modèle qu’elle portait. Aujourd’hui encore, la Nina reste l’une des montres vintage les plus prisées du XXe siècle.

Le bracelet bund : quand la mode rencontre l'artisanat

La Tribute to Compax ne pouvait naître sans revisiter cet élément emblématique. Universal Genève a confié cette mission à Satoru Hosoi, maroquinier japonais installé à Paris. Ancien apprenti en Italie, formé au Japon, perfectionniste chez Hermès et Moynat, Hosoi a obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2015. Il signe ici sa première collaboration avec une marque horlogère, une responsabilité qui ne l’a pas laissé indifférent.

« J’ai cherché à créer quelque chose d’inédit, mais aussi de très technique et d’unique », explique Satoru Hosoi. Et c’est exactement ce qu’il a livré. Contrairement au bracelet bund classique, aux éléments détachables, les créations d’Hosoi pour cette collection s’articulent autour de trois pièces de cuir de veau imbriquées et cousues pour rester solidaires. Chaque bracelet a été marqué à chaud des signatures Universal Genève et HOSOÏ-PARIS, une trace indélébile du savoir-faire parisien.

La palette de couleurs respire à la fois la tendance et l’intemporalité. Pour les montres en or blanc 18 carats, Hosoi a proposé des bracelets en marron ou noir. Pour celles en or rouge, les teintes passent au taupe ou à l’olive. C’est poétique, finalement : le lieu où Nina a transformé sa montre pour la première fois était Paris. Aujourd’hui, c’est à Paris que naît ce bracelet revisité, la boucle est bouclée.

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L'émail grand feu : la technique qui ne pardonne pas

Si le bracelet bund séduit par son accessibilité élégante, le cadran captive par sa maîtrise technique. Universal Genève a choisi l’émail grand feu, une technique parmi les plus vénérées de l’art horloger. Le processus ? Des minéraux enrichis d’oxydes métalliques, portés à plus de 800 °C, puis appliqués et recuits jusqu’à dix fois, jusqu’à ce que la surface révèle une brillance profonde et durable, impossible à reproduire par machine.

Réalisés par des maîtres émailleurs, les six cadrans de la Tribute to Compax affichent des variations sublimes. Certains arborent le blanc et noir opaque classique, tandis que d’autres flirtent avec des teintes translucides de bleu et marron. L’aiguille des secondes du chronographe, teinte en rouge comme celle de la Compax d’origine, contraste sur l’émail avec une clarté graphique saisissante.

Ce qui rend l’émail grand feu fascinant, c’est son intolérance à l’erreur. Une seule imperfection peut fissurer ou déformer le revêtement pendant la cuisson. Pourtant, quand il est bien réalisé, un cadran en émail grand feu devient intemporel. Ces six cadrans ne sont pas juste des composants techniques ; ce sont des œuvres d’art destinées à marquer l’histoire horlogère.

Le calibre Universal 281 : le cœur battant de l'histoire

Au cœur de la Tribute to Compax bat un élément chargé d’histoire : le calibre Universal 281. Universal Genève a restauré des mouvements d’archives de l’époque Compax, ces chronographes à roue à colonnes et à remontage manuel de 28,5 mm de diamètre et 7,10 mm d’épaisseur. Autrefois, la réputation d’Universal Genève reposait entièrement sur la technicité de ces mouvements.

En les réintroduisant aujourd’hui dans la Tribute to Compax, la marque reste fidèle à son époque d’origine tout en laissant entrevoir son retour imminent à la fabrication de mouvements. Ces six montres sont les seules « Nina » dotées du calibre Universal 281 historique, une exclusivité qui confère à cette collection une charge émotionnelle rarement vue.

Le mouvement affiche une réserve de marche d’environ 36 heures, avec une alternance de 18 800 vibrations par heure, soit 2,5 hertz. L’affichage ? Complet et complexe : heure, minute, petite seconde, seconde du chronographe, compteur 30 minutes et compteur 12 heures. Avec un boîtier de 36 millimètres de diamètre et une épaisseur de 12,67 millimètres, la Tribute to Compax revêt des proportions équilibrées, ni trop volumineuse ni trop discrète.

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Universal Genève : l'horlogerie réinventée comme métier d'art

Au-delà des détails techniques, la Tribute to Compax incarne une philosophie plus large. Universal Genève, surnommée « Le Couturier de la Montre » depuis les années 1960, revient sur le devant de la scène après plusieurs décennies de dormance. Rachetée en 2023 par Partners Group et CVC Capital Partners, la marque entame un chapitre inédit de son histoire.

Gregory Bruttin, directeur général, résume l’ambition : « Pour nous, la collection Tribute to Compax indique clairement la direction que nous prenons : une alliance entre le luxe raffiné et le travail manuel méticuleux qui a toujours défini Universal Genève ». Cette approche s’inspire d’une réinterprétation consciente. Les touches personnelles de Nina—son aiguille rouge, son bracelet bund, son flair incomparable—sont revisitées avec une finesse artistique moderne.

À l’instar du bracelet Polerouter en or blanc créé en 2024 par Laurent Jolliet, l’un des derniers chaînistes suisses, la Tribute to Compax considère l’horlogerie comme un véritable métier d’art. Cuir, émail, mécanique : chaque savoir-faire manuel est porté au rang d’art et de création. Seules deux séries complètes seront produites, disponibles exclusivement sur demande. Les fonds récoltés seront reversés à l’École d’Horlogerie de Genève, la plus ancienne école du genre en Suisse, historiquement liée à Universal Genève.

Ce projet veille à ce que le savoir-faire qui sous-tend ces montres perdure au cours du siècle à venir. La Tribute to Compax n’est pas qu’une montre ; c’est un engagement envers l’avenir de l’horlogerie artisanale, un manifeste pour un retour à l’essence même du métier.

Spécifications techniques

  • Calibre : Universal Genève 281 original restauré

  • Diamètre du mouvement : 28,5 millimètres

  • Épaisseur du mouvement : 7,10 millimètres

  • Remontage : Manuel

  • Réserve de marche : Environ 36 heures

  • Alternance : 18 800 a/h (2,5 hertz)

  • Affichage : Heure, minute, petite seconde, seconde du chronographe, compteur 30 minutes, compteur 12 heures

  • Matériau du boîtier : Or blanc 18 carats ou or rouge 18 carats

  • Diamètre du boîtier : 36 millimètres

  • Épaisseur du boîtier : 12,67 millimètres

  • Largeur des cornes : 19 millimètres

  • Hauteur totale : 44,44 millimètres

  • Étanchéité : Jusqu’à 5 bars (50 mètres)

  • Verre : Saphir bombé, antireflet double face

  • Fond de boîtier : Or blanc 18 carats ou or rouge 18 carats poli, vissé

  • Couronne : Or blanc 18 carats ou or rouge 18 carats, non vissée, deux joints

  • Lunette : Aluminium fixe avec échelle tachymétrique

  • Cadran : Émail grand feu (blanc/noir, noir/blanc, bleu/noir, ou marron/noir)

  • Aiguilles des heures et minutes : Vernies ou rhodiées selon les variantes

  • Aiguille des secondes du chronographe : Vernie en rouge

  • Revêtement de toutes les aiguilles : Super-LumiNova®

  • Bracelet : Cuir de veau (marron, taupe, noir, olive) par Satoru Hosoi

  • Boucle du bracelet : Ardillon en or blanc 18 carats ou or rouge 18 carats

MoonWatch

Passionné par le monde horloger, je consacre mes journées à explorer l'univers des montres, des modèles classiques aux montres connectées. Mon objectif est de dévoiler les secrets de ces garde-temps et de partager avec vous mes découvertes tout en vous donnant un avis critique. Plus »

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