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Urwerk dévoile l’UR-10 SpaceMeter : la montre qui mesure la vitesse de la Terre dans l’espace

Quand on pense Urwerk, on imagine des boîtiers futuristes, des complications satellites et des designs qui défient tout ce qu’on connaît de l’horlogerie traditionnelle. Et puis arrive la UR-10 SpaceMeter, présentée lors des Geneva Watch Days le mois dernier, et là, c’est le choc. Une montre ronde. Avec des aiguilles. Et un bracelet intégré. Oui, vous avez bien lu. La marque suisse indépendante, connue pour ses pièces avant-gardistes, vient de sortir quelque chose qui ressemble presque à une montre normale. Presque. Parce que sous ce design étonnamment classique se cache une complication aussi poétique qu’inattendue : la UR-10 SpaceMeter mesure littéralement la distance parcourue par notre planète dans l’espace. Et franchement, c’est l’une des sorties les plus déroutantes et fascinantes de 2025.

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Depuis des années, Urwerk s’est taillé une réputation solide dans le monde de l’horlogerie indépendante. Leurs montres ne ressemblent à rien d’autre sur le marché : des boîtiers asymétriques, des affichages satellites, des complications qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction. Bref, des pièces qui ne passent pas inaperçues et qui ont su créer une communauté de passionnés prêts à débourser des sommes conséquentes pour porter quelque chose d’unique au poignet.

Et c’est justement pour ça que la UR-10 SpaceMeter surprend autant. En voyant cette montre pour la première fois, difficile de croire qu’on a affaire à une Urwerk. Le boîtier est rond, les aiguilles sont là où on les attend, et l’ensemble dégage une certaine élégance accessible. Mais ne vous y trompez pas : même si l’apparence est plus sage, l’esprit Urwerk est bien présent.

Le boîtier en titane sablé affiche un diamètre de 45,5 mm, ce qui peut sembler imposant sur le papier. Mais grâce au bracelet intégré qui prolonge harmonieusement la carrure, la montre se porte avec un confort surprenant et cache bien son gabarit. Ce qui impressionne encore plus, c’est l’épaisseur : à peine plus de 7 mm hors cristal. Pour une montre avec autant de complications, c’est carrément remarquable. On sent que Felix Baumgartner et Martin Frei, les deux cerveaux derrière la marque, ont vraiment voulu créer quelque chose de portable au quotidien, loin des montres-sculptures qu’on admire plus qu’on ne porte.

Deux versions de cadran sont proposées : une en titane brossé et une autre noire, chacune limitée à 25 exemplaires. Autant dire que si vous craquez pour cette pièce, vous faites partie d’un club très fermé.

L'inspiration : une horloge du 19ème siècle signée Gustave Sandoz

Derrière chaque grande création horlogère se cache souvent une histoire personnelle, et la UR-10 SpaceMeter ne fait pas exception. L’inspiration vient directement d’une horloge à pendule du 19ème siècle qui appartenait au père de Felix Baumgartner, l’un des co-fondateurs d’Urwerk. Cette pièce, signée Gustave Sandoz, avait quelque chose de mystérieux : des sous-cadrans dont personne ne comprenait vraiment la fonction.

Baumgartner, piqué par la curiosité, s’est lancé dans des recherches approfondies pour percer le secret de cette horloge familiale. Et ce qu’il a découvert est absolument fascinant : l’horloge était conçue pour mesurer la rotation de la Terre, affichant la distance parcourue par notre planète à travers différentes échelles de temps. Un concept à la fois poétique et scientifique, typique de l’horlogerie du 19ème siècle où les montres et horloges servaient autant d’instruments de mesure que d’objets de contemplation.

Cette découverte a été le déclic pour Baumgartner et Frei. Pourquoi ne pas transposer ce concept sur une montre moderne ? Pourquoi ne pas créer une pièce qui rappelle que la Terre est en mouvement constant, filant à travers l’espace à une vitesse vertigineuse ? C’est comme ça qu’est née l’idée du SpaceMeter, une complication qui ne vous donnera pas l’heure d’un second fuseau horaire ou ne chronométrera pas votre jogging du dimanche, mais qui vous reconnecte à quelque chose de plus grand, de plus universel.

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Comment fonctionne la complication SpaceMeter

Bon, parlons technique parce que c’est là que ça devient vraiment intéressant. La UR-10 SpaceMeter embarque un mouvement développé en partenariat avec Vaucher Manufacture, un nom qui parle aux connaisseurs. Sur le cadran, vous avez trois sous-compteurs qui affichent chacun une information différente sur la vitesse de déplacement de la Terre dans l’espace.

À 2 heures, vous trouvez le compteur « Earth ». Celui-ci est synchronisé sur la rotation quotidienne de notre planète et affiche chaque tranche de 10 kilomètres parcourue au cours d’une journée. Oui, pendant que vous lisez cet article, la Terre tourne sur elle-même et parcourt des milliers de kilomètres. Ce compteur vous le rappelle en temps réel.

À 4 heures, c’est le compteur « Sun » qui entre en scène. Celui-là mesure le déplacement de la Terre dans son orbite autour du Soleil, par paliers de 20 kilomètres représentant chaque tranche de 1 000 kilomètres parcourue en une rotation complète. C’est vertigineux quand on y pense : notre planète file autour du Soleil à une vitesse folle, et cette montre vous le montre de manière tangible.

Enfin, à 9 heures, le compteur « Orbit » combine les deux trajectoires précédentes, offrant une vue d’ensemble du mouvement de la Terre dans l’espace. Et au milieu de tout ça, des aiguilles traditionnelles vous donnent simplement l’heure. Parce que bon, même quand on mesure la vitesse de la planète, il faut quand même savoir si on est en retard pour son rendez-vous.

Il faut être honnête : ce n’est pas une complication pratique au sens classique du terme. Ce n’est pas un chrono qui vous aidera à chronométrer votre temps de cuisson des pâtes, ni un GMT pour suivre l’heure à Tokyo. C’est une complication philosophique, presque méditative. Elle vous rappelle que nous sommes sur un vaisseau spatial naturel qui voyage à travers le cosmos, et que chaque seconde qui passe, nous parcourons des kilomètres dans l’immensité de l’espace. C’est à la fois poétique et scientifique, exactement dans l’esprit d’Urwerk.

Une montre qui divise mais qui fascine

Lors de la présentation aux Geneva Watch Days, l’équipe Urwerk a passé beaucoup de temps à discuter de la réception potentielle de cette montre. Ils savent très bien que la UR-10 SpaceMeter va diviser. Les fans hardcore de la marque, ceux qui adorent les boîtiers asymétriques et les complications satellites, pourraient se sentir un peu perdus devant ce design presque sage. D’autres, en revanche, vont adorer cette approche plus accessible qui reste profondément Urwerk dans l’âme.

Ce qui est certain, c’est que la marque n’a rien perdu de sa capacité à surprendre. Faire une montre ronde avec des aiguilles pourrait sembler être un pas en arrière pour Urwerk, mais c’est en réalité une preuve de maturité et de confiance. La marque n’a pas besoin de faire du spectaculaire à chaque sortie pour prouver sa valeur. Elle peut se permettre d’explorer d’autres territoires, de jouer avec les codes classiques tout en y injectant sa vision unique de l’horlogerie.

Au poignet, la UR-10 SpaceMeter est étonnamment confortable. Le bracelet intégré épouse bien le poignet, et la finesse du boîtier fait qu’on oublie presque qu’on porte 45,5 mm de diamètre. C’est une montre qui se laisse porter au quotidien, contrairement à certaines créations de la marque qui relèvent davantage de la pièce d’exception qu’on sort pour les grandes occasions.

Le prix de 94 000 dollars la positionne clairement dans le segment de la haute horlogerie indépendante, mais c’est cohérent avec le positionnement habituel d’Urwerk et la complexité du mouvement. Avec seulement 50 pièces au total, la UR-10 SpaceMeter restera une rareté, ce qui devrait séduire les collectionneurs en quête d’exclusivité.

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Spécifications techniques

  • Référence : Urwerk UR-10 SpaceMeter

  • Boîtier : Titane sablé, diamètre 45,5 mm, épaisseur 7 mm (hors cristal)

  • Bracelet : Intégré en titane

  • Mouvement : Développé en partenariat avec Vaucher Manufacture

  • Complications : Trois compteurs SpaceMeter (Earth, Sun, Orbit) + affichage heures/minutes

  • Cadran : Deux versions disponibles (titane brossé ou noir)

  • Production : 25 pièces par version, soit 50 exemplaires au total

MoonWatch

Passionné par le monde horloger, je consacre mes journées à explorer l'univers des montres, des modèles classiques aux montres connectées. Mon objectif est de dévoiler les secrets de ces garde-temps et de partager avec vous mes découvertes tout en vous donnant un avis critique. Plus »

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