Renaud Tixier Monday Skeleton, la Monday passe au squelette
La Renaud Tixier Monday Skeleton passe au squelette avec deux éditions limitées, un boîtier en or gris et un micro-rotor à danseur très particulier.
Cette version prolonge la première Monday lancée en 2024, mais elle assume cette fois une architecture évidée plus spectaculaire. La maison indépendante mise sur un duo qui connaît le sujet par cœur, avec Dominique Renaud d’un côté et Julien Tixier de l’autre, pour livrer une montre qui parle autant aux amateurs de haute horlogerie qu’à ceux qui aiment les pièces qui ont du relief, au sens propre comme au figuré.

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Un squelette qui ne cache plus grand-chose
Avec la Renaud Tixier Monday Skeleton, la marque ne se contente pas d’ouvrir le cadran. Elle pousse l’exercice plus loin, en transformant toute l’architecture de la montre en scène principale. Le mouvement, pensé à l’origine avec une logique ajourée, trouve ici une expression pleinement assumée, et l’ensemble donne une impression de cohérence assez rare. Rien ne semble décoratif pour faire joli. Tout paraît fait pour laisser voir, comprendre, puis admirer.
Ce qui frappe d’abord, c’est cette volonté de montrer la mécanique sans la rendre brouillonne. Le cadran squelette laisse circuler le regard, mais la lecture reste organisée grâce aux éléments de contraste, aux niveaux du réhaut et aux zones colorées. Le résultat a quelque chose de très contemporain, sans tourner le dos aux codes de la haute horlogerie. C’est précisément là que la pièce trouve son intérêt, entre sophistication technique et élégance très construite.
La montre reprend les lignes de la première Monday, mais elle adopte une présence plus ouverte, plus démonstrative aussi. On sent que le travail de conception n’a pas consisté à retirer de la matière au hasard, mais à composer une véritable mise en scène du mouvement. Dans ce genre d’exercice, tout peut vite devenir caricatural. Ici, l’équilibre tient, et c’est sans doute ce qui rend la pièce crédible.
La maison Renaud Tixier revendique un dialogue entre deux sensibilités. Cette montre en est une bonne illustration, puisque l’on retrouve à la fois l’idée d’un mouvement pensé comme une architecture et celle d’un objet fini avec une grande attention portée à chaque détail visible. Le squelette n’est donc pas un simple effet de style. Il devient un langage à part entière, et plutôt bien maîtrisé.

Le RVI2025, cœur mécanique et pièce d’orfèvrerie
Le nouveau calibre RVI2025 constitue le centre de gravité de cette version. Il affiche 262 composants, tous finis et décorés à la main selon la philosophie de la maison. Sur ce terrain, la montre joue clairement dans la cour de la grande horlogerie, avec un niveau de travail qui ne se limite pas à la construction du mouvement. Les finitions participent autant au plaisir visuel que la mécanique elle-même.
Parmi les détails mentionnés, on retrouve le poli bloqué, le berçage des ponts, l’anglage, les côtes de Genève, le soleillage et le cerclage. Pour les non-initiés, l’anglage désigne la finition des arêtes d’une pièce de mouvement, souvent polies à la main pour capter la lumière avec précision. Les angles rentrants, eux, sont particulièrement difficiles à terminer proprement, ce qui explique pourquoi les 238 angles rentrants annoncés prennent ici une vraie valeur de signature artisanale.
Au dos, le calibre reçoit aussi un pont de décor sur le rochet de barillet en émail grand feu, gravé et ciselé à la main. Là encore, on n’est pas dans l’ornementation gratuite. Le ton des émaux s’accorde à celui de la montre, ce qui renforce l’idée d’un objet pensé dans son ensemble. La cohérence visuelle n’est jamais laissée au hasard, et c’est appréciable.
Le mouvement conserve en outre une fonction automatique, avec une réserve de marche annoncée à 72 heures minimum. Cela signifie, simplement, que la montre peut continuer à fonctionner pendant trois jours environ sans être portée ni remontée. Pour un garde-temps de ce niveau, cette autonomie renforce l’usage quotidien sans enlever quoi que ce soit au plaisir mécanique. Le fond du sujet reste bien la précision, mais la manière de l’exprimer compte tout autant.
La maison n’a pas non plus traité le squelette comme une simple réduction de masse. Elle a conservé une lecture architecturale forte, avec des ponts, des organes visibles et une construction qui semble répondre à une logique presque organique. On comprend alors pourquoi le développement de cette version était attendu. Le calibre devient le spectacle, sans basculer dans l’esbroufe.

Le micro-rotor à danseur, l’idée qui change la donne
Le point le plus singulier reste probablement le micro-rotor à danseur. Sur le papier, un micro-rotor sert déjà à automatiser le remontage tout en libérant de l’espace dans le mouvement. Ici, la maison va plus loin en plaçant, au cœur du micro-rotor en platine, un volant d’inertie couplé à un ressort de propulsion, surnommé le danseur. L’ensemble vise à améliorer le rendement du remontage automatique en transformant les mouvements du poignet en énergie exploitable.
Cette idée s’inspire de technologies de récupération d’énergie issues du monde automobile, mais transposées à l’échelle horlogère. Le principe est séduisant parce qu’il ne cherche pas seulement à faire joli ou à se distinguer sur une fiche technique. Il répond à un vrai enjeu mécanique, celui d’optimiser l’énergie disponible sans sacrifier l’équilibre de l’ensemble. Pour les passionnés, c’est le genre de détail qui fait lever un sourcil, puis sourire.
Le système embarque aussi un dispositif de débrayage qui protège le mouvement en cas de choc. Ce point est important, car la sophistication mécanique ne vaut rien si elle ne reste pas fiable à l’usage. La montre ne se contente donc pas d’être inventive. Elle cherche aussi à être robuste dans son fonctionnement quotidien, ce qui n’est jamais un luxe dans cette catégorie.
Le micro-rotor en platine s’inscrit dans une logique assez élégante. Au lieu de masquer l’architecture, il en devient un élément structurant. L’espace habituellement vide prend ici un rôle actif, presque narratif, comme si la conception de la montre avait décidé de ne plus rien laisser perdre. C’est malin, et surtout très cohérent avec l’esprit général de la pièce.
Dans l’univers de la haute horlogerie, il n’est pas si fréquent qu’un dispositif technique apporte à la fois une réponse fonctionnelle et une vraie identité visuelle. La Monday Skeleton réussit ce double effet. Elle montre sa mécanique, mais elle raconte aussi une idée. Et ce n’est pas tout à fait la même chose.
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- Design skeleton et tourbillon ⌚ Diamètre de la boîte : 40 mm.
- Bracelet en tungstène ⌚ Longueur totale de la montre : 24 cm.
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Deux couleurs, deux séries, et une vraie proposition de collection
La Monday Skeleton se décline en deux éditions limitées, l’une bleue et l’autre verte, à raison de 15 exemplaires chacune. Cette double version n’a rien d’un simple changement cosmétique. Elle structure la personnalité de la montre, puisque la couleur irrigue plusieurs éléments du design, du cadran au bracelet. Le bleu pétrole ou le vert donnent immédiatement un ton plus lisible à l’ensemble, sans étouffer l’aspect squelette.
Le boîtier en or gris 18 ct mesure 40,8 mm de diamètre. C’est une taille qui place la montre dans une zone assez confortable au poignet, avec une présence réelle mais sans excès d’encombrement. La hauteur annoncée de 12,6 mm et l’entre-cornes de 21 mm complètent un ensemble pensé pour porter la pièce avec aisance, même si l’on reste clairement dans le registre de la montre de connaisseur.
Chaque version reprend un cadran squelette avec compteur de petite seconde, aiguilles dauphine squelettées, réhaut brossé, appliques facettées et minuterie blanche. Le bracelet en cuir d’alligator, cousu main, prolonge cette logique de finition haut de gamme. Là encore, le choix des matériaux et des textures participe à l’identité de la montre autant que la forme du boîtier ou la couleur du cadran.
Cette pièce s’adresse à ceux qui aiment voir travailler un mouvement, mais qui ne se contentent pas d’une simple démonstration technique. Elle parle aussi à ceux qui s’intéressent aux maisons indépendantes capables de proposer une vision précise, avec un vrai parti pris sur les finitions et la construction. Le fait que Renaud Tixier ait été imaginée comme une collection de sept pièces en séries limitées donne d’ailleurs du sens à cette stratégie. On n’est pas devant une montre pensée pour ratisser large, mais devant une proposition qui s’adresse à un cercle d’amateurs avertis.
Il y a enfin, dans cette Monday Skeleton, quelque chose de très satisfaisant pour qui suit les nouveautés horlogères de près. La montre coche les cases de la technique, de l’artisanat et de l’identité visuelle, sans perdre le fil entre ces trois dimensions. Pour une maison indépendante, ce genre d’équilibre n’est jamais anodin. C’est même souvent ce qui distingue une belle idée d’une vraie montre de collection.
Spécifications techniques
- Modèle : Monday Skeleton
- Édition : 15 pièces par version
- Boîtier : or gris 18 ct
- Diamètre : 40,8 mm
- Hauteur : 12,6 mm
- Largeur des cornes : 21 mm
- Étanchéité : 30 mètres, 3 ATM
- Calibre : RVI2025
- Remontage : Automatique, micro-rotor à danseur
- Réserve de marche : min. 72 heures




