Louis Erard 2340 : la première montre à bracelet intégré de la marque suisse débarque
Soyons honnêtes, Louis Erard n’avait pas vraiment l’habitude de nous surprendre ces derniers temps. La marque du Noirmont s’était installée dans une zone de confort plutôt agréable, multipliant les collaborations avec des designers prestigieux comme Vianney Halter ou Alain Silberstein, mais en recyclant essentiellement le même concept de montre régulatrice. Sympa, certes, mais pas franchement révolutionnaire. Et puis boom, la Louis Erard 2340 débarque et change complètement la donne. Pour la première fois de son histoire, la manufacture suisse s’attaque au segment très prisé des montres à bracelet intégré, et le résultat mérite qu’on s’y attarde sérieusement.

Sommaire
Louis Erard change de braquet avec une première montre intégrée
La Louis Erard 2340 représente un virage stratégique majeur pour cette marque d’horlogerie suisse établie à Le Noirmont. Le nom lui-même n’a rien d’anodin : 2340 correspond au code postal de leur manufacture. Un petit clin d’œil local qui ancre cette nouvelle collection dans son territoire, même si on espère pour eux que l’adresse ne changera jamais, sinon ça va être coton pour l’identité de la montre.
Ce qui frappe d’emblée avec cette nouveauté, c’est qu’elle marque une rupture claire avec l’ADN habituel de la marque. Fini les régulateurs et les éditions limitées signées par des stars du design. La 2340 inaugure une collection permanente, destinée à devenir un pilier du catalogue. Une montre pensée pour rester, en somme, et qui vient élargir sérieusement le spectre créatif de Louis Erard.
Le pari est audacieux : se lancer sur le créneau ultra-concurrentiel du bracelet intégré, là où gravitent des monuments comme la Royal Oak d’Audemars Piguet ou des succès plus accessibles comme la Tissot PRX. Mais plutôt que de singer les codes établis, Louis Erard a cherché à créer quelque chose de distinctif, avec une personnalité propre qui ne copie personne.
Un design sport-chic qui assume son identité
Visuellement, la Louis Erard 2340 joue résolument la carte sport-chic, mais en version élégante et contenue. On est loin du côté massif et imposant de certaines concurrentes. Avec ses 40 mm de diamètre et surtout ses 8,95 mm d’épaisseur, cette montre reste relativement fine et discrète au poignet. Un choix malin qui la rend portable aussi bien avec un costume qu’en mode casual le weekend.
Le boîtier adopte cette forme tonneau caractéristique des montres à bracelet intégré, avec une transition fluide vers les maillons. Mais le vrai signature de cette pièce, c’est son motif récurrent en forme de pilule allongée. On le retrouve absolument partout : sur les côtés des cornes en vue de profil, sur le bracelet, et surtout sur les cadrans. Cette obsession pour cette forme ovale donne une vraie cohérence visuelle à l’ensemble.
Parlons justement des cadrans, parce que c’est là que Louis Erard a vraiment joué la différenciation. Trois versions sont proposées. Les deux premières, en bleu foncé et bleu ardoise, arborent un motif de barres horizontales façon gadroon qui rappelle un peu le style de la Piaget Polo 79. C’est classieux, ça joue bien avec la lumière, et ça reste lisible.
La troisième option, en vert menthe, prend beaucoup plus de risques avec un pattern ultra-distinctif où des formes de pilules dans différentes orientations se multiplient sur toute la surface. Certains y verront peut-être une référence involontaire aux œuvres de Damien Hirst, mais franchement, cette audace fait du bien dans un segment où beaucoup de montres se ressemblent comme deux gouttes d’eau.
Les index et les aiguilles adoptent également cette forme de pilule allongée, qu’on appelle techniquement des index baignoire dans le jargon horloger. Le logo Louis Erard à 3 heures reprend aussi ce code graphique. En revanche, l’inscription du nom de la marque tout autour de l’échelle des minutes sur le rehaut, lettre par lettre, c’est peut-être le seul élément qui fait un peu too much. Un cadran plus épuré aurait probablement gagné en élégance.

Le mariage intelligent du titanium et de l'acier
Côté matériaux, la Louis Erard 2340 mise sur une combinaison hybride particulièrement bien pensée entre titanium et acier inoxydable. Le boîtier est majoritairement réalisé en titane satiné, ce qui garantit une légèreté appréciable au quotidien. Mais la lunette, les cornes, la couronne et le fond de boîte sont en acier poli, créant un joli contraste de finitions et de textures.
Cette approche bicéphale se retrouve également sur le bracelet intégré, qui joue la carte de l’alternance visuelle. Les maillons extérieurs, larges et brossés, sont en titane. Les maillons intérieurs, plus petits et polis, reprennent cette fameuse forme de pilule allongée en acier. Le résultat est visuellement dynamique, avec un jeu de matières et de finitions qui attrape bien la lumière.
Au-delà de l’esthétique, ce choix de matériaux a un impact direct sur le confort de port. Le titane, c’est 40% plus léger que l’acier pour une résistance équivalente. Résultat : une montre de 40 mm qui ne pèse pas lourd au poignet et qu’on peut porter toute la journée sans y penser. Le fermoir dépliant papillon assure un maintien solide sans être trop technique.
L’étanchéité est annoncée à 50 mètres, soit 5 bars. C’est l’équivalent d’une résistance aux éclaboussures et à la pluie, mais on évitera la natation avec. Pour une montre positionnée sport-chic, c’est un peu light comparé aux 100 mètres de certaines concurrentes, mais ça reste suffisant pour un usage quotidien normal.
Le calibre Sellita SW300-1 fait son entrée chez Louis Erard
Sous le capot, la Louis Erard 2340 marque une première pour la manufacture : c’est la première fois qu’elle utilise le calibre Sellita SW300-1. Et ce n’est pas un choix anodin. Ce mouvement automatique fait partie de la gamme haute de chez Sellita, le grand fabricant suisse de mouvements qui équipe une bonne partie de l’industrie horlogère helvétique.
Le SW300-1 tourne à 28 800 alternances par heure, soit 4 Hz, ce qui est la fréquence standard pour ce type de calibre. La réserve de marche atteint 56 heures, ce qui signifie qu’en enlevant votre montre le vendredi soir, elle tournera encore le dimanche matin. Pratique pour ceux qui alternent plusieurs montres dans leur collection.
Ce qui distingue vraiment ce mouvement, c’est sa finition élaboré, un grade de qualité supérieur chez Sellita. Concrètement, ça signifie que le mouvement a subi des réglages plus poussés et des contrôles qualité plus stricts qu’un calibre standard. On monte d’un cran en termes de précision et de fiabilité.
Le rotor, cette masse oscillante qui remonte automatiquement le ressort grâce aux mouvements du poignet, est personnalisé aux couleurs de Louis Erard. Dommage qu’il soit caché sous un fond vissé en acier massif, mais c’est souvent le cas sur les montres sport-chic où la solidité prime sur l’aspect esthétique du mouvement.
Ce choix du Sellita SW300-1 est clairement une montée en gamme par rapport à d’autres calibres plus basiques. C’est un mouvement robuste, éprouvé, réparable facilement partout dans le monde, et qui offre de solides performances pour le prix demandé. Exactement ce qu’on attend d’une montre pensée pour devenir un classique accessible.

Spécifications techniques
Modèle : Louis Erard 2340
Références : 35123TA11.BMT12 (vert menthe), 35123TA02.BMT12 (bleu ardoise), 35123TA01.BMT12 (bleu foncé)
Boîtier : 40 mm de diamètre x 8,95 mm d’épaisseur
Matériaux : Titane satiné pour la carrure, acier inoxydable poli pour la lunette, les cornes, la couronne et le fond
Verre : Saphir bombé
Cadran : Laqué avec motif de pilules (vert menthe) ou de vagues horizontales (bleu ardoise et bleu foncé)
Index : Rhodiés taillés diamant avec revêtement luminescent SLN-C1 bleu
Aiguilles : Finition satinée avec luminescent
Étanchéité : 50 mètres (5 bars)
Mouvement : Sellita calibre SW300-1, automatique
Fréquence : 28 800 alternances/heure (4 Hz)
Réserve de marche : 56 heures
Fonctions : Heures, minutes, secondes
Bracelet : Intégré, titane satiné et acier inoxydable poli avec fermoir dépliant papillon
Prix : 2990 CHF





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