Flyback #40 : une montre peut-elle faire scandale ?
L’univers horloger français est rarement le théâtre de polémiques virulentes. Pourtant, la montre Anka x LeCalibre, une création aussi ludique qu’insolite, a enflammé les réseaux sociaux et la communauté des passionnés. Dans le 40ème épisode du podcast horloger « Flyback », Hugo de la chaîne La Couronne revient sur cette affaire emblématique, aux côtés de Julien, Jean-Charles et leurs invités. Que nous dit ce débat sur l’état de l’horlogerie actuelle, ses usages, ses communautés ? Décryptage.
Sommaire
- 1. Le départ du tumulte : une montre fast-food
- 2. Les créateurs répliquent : une montre pour s’amuser
- 3. Anka x LeCalibre sous les projecteurs : authenticité ou contradiction ?
- 4. L’impact d’internet : communautés et jugement
- 5. De la satire au jeu : redonner l’envie de créer
- 6. Vers une horlogerie décomplexée ?
Le départ du tumulte : une montre fast-food
L’objet au cœur des critiques est une montre produite par la marque Anka x LeCalibre. Boîtier en plastique recyclé, bracelets en silicone, cadran aux visuels inspirés d’un cheeseburger, le tout animé par un mouvement quartz Miyota. Proposée à 119 € (ou 229 € pour un duo burger/frites), cette montre détonne dans un marché souvent focalisé sur la noblesse des matériaux et la technicité des calibres.
L’initiative, bien que ludique, a reçu une salve de critiques : design « mauvais goût », produit « marketing », collaboration opportuniste, voire trahison d’une certaine idée de l’horlogerie. Certains parlent même de « sabotage de l’image de Anka x LeCalibre », alors que d’autres ironisent sur une « Swatch de pacotille ».
Les créateurs répliquent : une montre pour s’amuser
Les défenseurs de la montre rappellent qu’il s’agit avant tout d’une « montre d’été », un accessoire ludique, décomplexé, à porter avec le sourire. Hugo, dans le podcast, souligne que le design, certes clivant, n’enlève rien à l’idée de base : créer une montre abordable, fun et différente.
Il s’interroge aussi sur la virulence des critiques : pourquoi tant d’agressivité envers une initiative pourtant honnête et assumée ? « Ceux qui critiquent sont souvent ceux qui n’ont jamais osé faire quoi que ce soit eux-mêmes », lance-t-il.
Anka x LeCalibre sous les projecteurs : authenticité ou contradiction ?
Les critiques les plus vives portent moins sur la montre elle-même que sur son origine : la marque Anka x LeCalibre, jusqu’alors reconnue pour une certaine exigence qualitative, a-t-elle dévoyé son image avec cette collab’ ?
Jean-Charles, co-animateur du podcast, reconnaît le malaise : « Anka x LeCalibre, c’est une marque qu’on appréciait pour ses pièces sérieuses. Sortir une montre hamburger, c’est drôle, mais on est loin de la cohérence d’image ». En même temps, il assume avoir apprécié le délire, et salue le courage de proposer quelque chose de décalé.
L’impact d’internet : communautés et jugement
Le débat met en lumière un phénomène récurrent dans les communautés de passionnés : la rigidité d’une certaine frange du public, l’intransigeance face à l’expérimentation, et l’absence de recul critique.
Les intervenants rappellent que les commentaires les plus durs proviennent souvent d’anonymes n’ayant aucun projet concret, mais prompts à juger. La culture du clash sur les réseaux sociaux vient polluer les échanges authentiques et bride l’innovation.
De la satire au jeu : redonner l’envie de créer
Pour désamorcer la tension, l’équipe de Flyback propose une série de jeux autour des montres et de la nourriture : des montres imaginaires à base de Céréales, de Doritos, ou de Nutella, combinées avec des marques horlogères. Ce jeu créatif permet de démontrer que l’horlogerie, loin d’être figée, peut être aussi un terrain d’expression artistique et humoristique.
Vers une horlogerie décomplexée ?
Au final, cette affaire pose une question centrale : l’horlogerie peut-elle encore s’autoriser la fantaisie ? La montre Anka x LeCalibre, avec ses couleurs pop et son cadran généreux en calories visuelles, est peut-être le symbole d’un nouvel élan dans l’industrie.
Elle ne remplace pas une Vacheron Constantin ni une Rolex vintage. Mais elle a le mérite d’exister, de déclencher des discussions, d’interroger notre rapport au style et à l’engagement de marque. Et ça, en 2025, c’est déjà un exploit.



