Flyback #44 : à la découverte d’Amaros et des nouvelles tendances de l’horlogerie indépendante
L’épisode 44 du podcast horloger Flyback réunit des figures emblématiques de la sphère horlogère indépendante : les fondateurs de la jeune marque Amaros, Gabriel et Mathieu, accompagnés de Sylvain (TLD Watches) et Billy (BBGear). Cette rencontre, diffusée dans un contexte post-Timefest, se veut une véritable vitrine des dynamiques créatives à l’œuvre au sein de la nouvelle génération de marques françaises.
Sommaire
Amaros, une marque à suivre de près
Fondée par deux passionnés, Amaros présente dans ce podcast son prototype Champagne Edition, animé d’un discours sincère, émotif, et ancré dans le respect de l’héritage horloger. Mathieu arbore une Omega Seamaster vintage à calibre 321 – clin d’œil à la tradition, tandis que Gabriel affiche fièrement leur prototype.
L’équipe d’Amaros met en avant une démarche artisanale, un soin du design avec une identité esthétique forte : jeux de couleurs, proportions affutées, et volonté de produire en petite série. Le ton est donné : Amaros ne veut pas plaire à tout le monde, mais aux bons amateurs.
BBgear et TLD : deux visions, une passion commune
Billy de BBgear et Sylvain, créateur de TLD Watches, illustrent une approche complémentaire : passion brute, accès direct à la communauté, et expérimentation technique. Sylvain présente une évolution de sa TLD, inspirée de retours lors du Timefest, et se dit prêt à lancer la production. Son enthousiasme pour les montres 24h à mono-aiguille, notamment la Vasco Solitaire, marque un attrait croissant pour les complications poétiques.
Billy, de son côté, défend un design patriote avec sa montre Katana, mais confie changer de garde-temps mensuellement. Il apprécie l’efficacité d’un bon caoutchouc ou cuir adapté à l’usage.
Les débats produits : Yema, Venedia Nico, Ming
Trois marques sont au cœur des échanges techniques et stylistiques de l’épisode :
Yema avec sa nouvelle montre « squircle » (forme carrée arrondie), en micro-rotor CNM 20, petit écart esthétique avec ses 39mm et épaisseur de 8.6 mm. Si la qualité d’exécution est saluée, le prix de 1990 € ne convainc pas tous les intervenants.
Venedia Nico frappe fort avec un modèle en guilloché bleu, calibre V5000 manuel, tarifé à 4500 €. La qualité est saluée, bien que certains pointent un changement de stratégie tarifaire. Le travail artisanal du cadran, réalisé sur tour à guillocher de 1850, impressionne.
Ming propose un worldtimer Midnight Edition à 22 000 CHF. Bien que tous soulignent la qualité de finition (titane grade 5, microrotor, aiguilles en saphir avec incrustations céramiques), le prix reste jugé élitiste. Toutefois, l’esthétique fait l’unanimité.
Quartz vs Automatique : un débat d’usage, pas de dogme
La partie la plus animée de l’épisode repose sur un vieux débat : quartz ou mécanique. Loin des dogmes, tous s’accordent à dire que les deux ont leur place selon l’usage. JC réclame le retour au bon sens : une montre doit d’abord plaire esthétiquement. Pour lui, la fiabilité et la finesse du quartz sont parfois préférables. Mathieu et Gabriel abondent, confessant une réconciliation avec le quartz. Billy, bien qu’ancien « puriste automatique », reconnaît qu’une solar quartz bien conçue peut être plus cohérente pour certains porteurs.
Ce segment démontre que la maturité horlogère mène souvent à une posture inclusive : au-delà du calibre, c’est l’objet horloger qui compte.
Timefest et addictions horlogères
Timefest revient à plusieurs reprises dans l’épisode. Pour Sylvain, c’était une première immersion dans un événement d’ampleur. Il a pu découvrir des marques rarement visibles ailleurs, dialoguer avec des créateurs comme Charles de Menestrel ou Direnzo. Gabriel, Billy et JC évoquent aussi leurs coups de cœur : Vasco, Lucky Harvey, Citizen Promaster et la Martin Design.
L’ambiance était décontractée, propice aux échanges authentiques. La frustration demeure parfois forte : certaines montres présentées (comme la Micro Mil-Spec) sont inaccessibles en raison de listes d’attente trop longues ou de quantités très limitées.
Conclusion : le miroir d’une génération horlogère
L’épisode 44 de Flyback est dense, vivant, et offre un panorama riche de l’horlogerie indépendante française. Ce podcast agit comme un baromètre de la créativité actuelle : débats francs, prototypes partagés, confessions d’usage, et enthousiasmes sincères.
Amaros, BBgear, TLD, Venedia Nico, Ming, Yema… autant de noms qui montrent qu’un vent nouveau souffle sur les poignets des amateurs avertis.



