Flyback #38 : exploration de l’horlogerie contemporaine avec Tiltime
Le 38e épisode de « Flyback », podcast dédié à l’horlogerie, accueille Grégoire, cofondateur de la jeune marque française Tiltime. Accompagné des voix familières de JC (Moonwatch) et Corentin (Amateur de Montres), cet épisode offre une plongée sincère et passionnante dans les enjeux de la création horlogère, les défis entrepreneuriaux et les critiques du marché.
Grégoire revient sur la genèse de Tiltime et l’esprit derrière ses pièces. La marque revendique un attachement aux codes horlogers classiques tout en adoptant une approche très contemporaine dans le design et la communication. En tant que collectionneur averti, Grégoire s’exprime à travers une vision artisanale où l’émotion et la qualité priment.
Sommaire
Les coups de cœur de la semaine : AON ANC01 et Maurice Lacroix 1975
Parmi les montres abordées, l’AON ANC01, disponible sur Kickstarter, attire l’attention pour son cadran coloré utilisant un système RGB via des disques superposés. Avec un boîtier en acier 316L de 38 mm, un mouvement NH38 et un prix attractif de 229€, cette montre fait sensation par son audace graphique, bien qu’elle divise sur l’absence d’index.
En contraste, Maurice Lacroix présente sa nouvelle collection « 1975 » pour célébrer son 50e anniversaire. Trois tailles sont proposées (36, 39, 40 mm) avec un mouvement ML 115 basé sur du Sellita SW200-1. La communauté reste partagée : si la qualité est au rendez-vous, l’originalité fait défaut et l’appellation « manufacture » suscite des doutes.
La déception du jour : Breitling Top Time à trois aiguilles
Traditionnellement réservé au chronographe, le nom « Top Time » de Breitling se voit détourner pour une montre trois aiguilles. Bien que dotée d’un mouvement manufacture B31 et d’une réserve de marche de 78 heures, cette montre à 5800€ ne convainc pas. La communauté critique un design trop inspiré de Rolex, la présence d’un cyclope jugé inutile et une incohérence dans le message de la marque. L’usage du nom « Top Time » est remis en question, le modèle originel étant historiquement un chronographe.
L’influence des créateurs de contenu dans l’horlogerie
La deuxième partie de l’épisode s’articule autour d’un débat profond : les influenceurs peuvent-ils réussir à lancer leur propre marque ? De nombreux exemples sont évoqués : Joao (Holosen), Julien (Radial), Clément (Mitra). Le consensus est clair : l’influence ne suffit pas. Le succès repose sur la qualité du produit, la cohérence de l’image et l’exécution du projet. Une communauté fidèle ne garantit pas la viabilité commerciale, surtout si elle est concentrée sur une niche.
Grégoire souligne que l’essentiel reste un travail artisanal et de terrain. Les réseaux sociaux, bien qu’utiles pour le lancement, n’offrent qu’un élan initial. La relation client, la qualité du service, et la maîtrise logistique reprennent rapidement le dessus. La durabilité d’une marque repose donc bien davantage sur ses fondations que sur sa visibilité instantanée.
Une montée en gamme passionnelle
En fin d’épisode, chaque intervenant partage sa montre obsessionnelle. Grégoire évoque une Breguet rêvée, Corentin s’intéresse à la Hamilton Murph 38 mm, plus cohérente selon lui que le modèle 42 mm utilisé dans « Interstellar ». Cette discussion mène à une réflexion plus large : ce qui rend une montre unique n’est pas sa valeur perçue ou sa rareté, mais l’émotion et l’histoire personnelle qui l’accompagnent.
Un épisode riche en perspectives
L’épisode 38 de Flyback illustre avec brio la diversité de l’univers horloger contemporain. Entre jeunes marques créatives, maisons historiques en quête de renouveau, et influenceurs cherchant à transformer leur passion en produit, l’horlogerie vit une époque charnière. Ce podcast s’affirme comme un espace de dialogue authentique où les voix de passionnés peuvent librement confronter leurs idées.



