Podcast Flyback

Flyback #32 : Pac-Man moderne avec Alexis d’Inercy

Dans l’épisode #32 du podcast horloger Flyback, l’équipe accueille Alexis, cofondateur de la marque française Inercy, pour une discussion passionnante sur l’état actuel de l’horlogerie, la stratégie de Rolex et l’émergence de marques créatives comme Alto ou Presidius. L’épisode, riche de plus de 80 minutes de débats et d’échanges d’experts, permet de saisir les tensions entre héritage, marketing et innovation dans un secteur en constante mutation.

Rolex absorbe Bucherer : héritage ou cannibalisme ?

Le moment fort de l’épisode réside dans le débat autour de la récente décision de Rolex de mettre fin à la marque Carl F. Bucherer, pourtant riche d’une histoire remontant à 1888. La maison genevoise, après avoir pris le contrôle du distributeur Bucherer, semble poursuivre une stratégie de verticalisation extrême. Les intervenants, à commencer par Maxime, expriment leur malaise face à cette disparition d’une entité historique, vue comme un symbole d’un certain artisanat horloger suisse.

Mais JC, autre voix du podcast, relativise : Rolex ne fait que suivre une logique industrielle classique. Lorsqu’elle acquiert une compétence, elle l’intègre puis la fait disparaître, comme ce fut le cas avec Cadramb. La discussion fait ressortir la dualité du groupe : entre obsession du contrôle total et capacité d’éviction des marques concurrentes.

Inercy : audace, design et accessibilité

Alexis dévoile dans cet épisode un prototype de la prochaine Inercy One, une version semi-squelette encore sous embargo. Il souligne l’importance du design et du rapport qualité-prix dans sa démarche créative. Inercy incarne une génération de marques françaises ambitieuses, ancrées dans une horlogerie d’auteur, sans renier les impératifs commerciaux.

On découvre également son regard porté sur la montre Alto Art01, dont le design radical et anguleux suscite l’admiration pour son audace mais aussi quelques réticences esthétiques. Le modèle en titane, équipé d’un mouvement exclusif avec seconde inversée, frappe par sa technicité et sa rareté (25 exemplaires à 20 000 euros).

Charlie Paris GR Evo 3 : couleur, quartz et controverses

La GR Evo 3 de Charlie Paris, nouveau chronographe coloré à quartz, fait l’objet d’une analyse nuancée. Si le design coloré et le tarif abordable (395 €) sont salués, les critiques fusent sur la surcharge textuelle du cadran et la taille envahissante du logo. Lionel y voit une dérive identitaire, une volonté mal dosée de s’imposer graphiquement. Alexis, plus modéré, reconnaît une belle cohérence d’ensemble, bien que certains éléments pourraient gagner en sobriété.

L’usage du quartz est débattu : nécessité fonctionnelle pour une montre sport d’accès ou trahison d’une certaine idée de l’horlogerie ? Le podcast souligne que la lisibilité, la robustesse et l’accessibilité restent des critères fondamentaux pour bien des amateurs.

Alto et l’obsession du design sculptural

Le modèle Alto Art01 concentre les louanges. Conçu par Bart Nusbaumer, ancien de grandes maisons, il mêle architecture années 70 et innovations horlogères modernes. La montre se distingue par sa seconde inversée et ses plaques de bronze DLC en guise de cadran. Alexis reconnaît l’avoir découverte sur Instagram, avant d’en tomber amoureux.

Mais le prix élitiste pose question : est-on encore dans une démarche horlogère ou dans l’art contemporain ? L’équilibre semble précaire, et tous s’accordent à dire que ces pièces se jugent mieux au poignet que sur photo.

Presidius et le storytelling militaire

La marque Presidius, centrée sur les commémorations américaines, présente une montre en édition spéciale pour l’anniversaire du D-Day, intégrant du sable volcanique d’Iwo Jima dans son cadran. L’équipe souligne la créativité de l’initiative, mais aussi ses limites : certains y voient une montre « jouet » trop chargée en symboles.

Là encore, le dilemme est clair : doit-on juger l’objet horloger pour sa qualité technique, ou pour son narratif ? L’assemblage USA, les composants exotiques et l’engagement caritatif ajoutent à la complexité de l’analyse.

Omnis x Black Corner : guillochage, design et mécanique asiatique

Enfin, la montre Neoma née de la collaboration entre Omnis et le label musical Black Corner suscite la curiosité. Boîtier acier, guillochage spiral, mouvement chinois à pont suspendu, design 3D – tout y est pour plaire… ou déplaire. Le bracelet « cuillère » made in China est critiqué, mais l’ensemble reste salué pour son originalité à moins de 500 euros.

Certains y voient un hommage aux Furlan Marri ou MB&F, d’autres une démarche plus opportuniste. Le cadran sectoriel et le positionnement décalé de l’heure divisent, tout comme la question de la réparabilité des mouvements asiatiques à long terme.

Rolex, à la manière de Pac-Man

Au fil de la discussion, une métaphore résonne : Rolex agit comme un Pac-Man moderne, avalant marques et distributeurs pour imposer un modèle unique. Entre stratégie verticale et effacement des alternatives, la maison couronnée pose question : jusqu’où ira-t-elle ? L’épisode, riche en digressions techniques, esthétiques et commerciales, offre une radiographie passionnante d’une horlogerie en pleine réinvention.

MoonWatch

Passionné par le monde horloger, je consacre mes journées à explorer l'univers des montres, des modèles classiques aux montres connectées. Mon objectif est de dévoiler les secrets de ces garde-temps et de partager avec vous mes découvertes tout en vous donnant un avis critique. Plus »

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