Flyback #12 : Omega dérape-t-elle avec sa Regatta ?
La douzième édition du podcast horloger « Flyback » met en lumière une question qui divise les passionnés : Omega a-t-elle commis un faux pas avec sa nouvelle Regatta, créée pour la 37e America’s Cup ? Accompagné de Nicolas de Beaubleu, fondateur de la marque française éponyme, l’épisode dévoile une analyse vive et souvent ironique du paysage horloger actuel.
Sommaire
- 1 Un début de podcast sous le signe de la détente et de la passion
- 2 Norkin, Bell & Ross, Formex : la richesse des lancements horlogers récents
- 3 Omega Regatta : entre ambitions nautiques et déconvenues techniques
- 4 L’identité française en horlogerie : un débat fondamental
- 5 Entre coups de coeur et satire : le jeu des collections
- 6 Un podcast qui dénote, et qui questionne
Un début de podcast sous le signe de la détente et de la passion
Les chroniqueurs démarrent par une discussion décontractée sur leurs montres du jour. Zenith, Mido, Citizen ou encore Beaubleu sont tour à tour évoquées, reflétant la diversité de leurs goûts. L’occasion pour Nicolas de présenter sa toute dernière création, à la fois sobre et originale, avec une aiguille des secondes flottante, marque de fabrique de sa maison.
Norkin, Bell & Ross, Formex : la richesse des lancements horlogers récents
Avant d’aborder Omega, les intervenants explorent plusieurs sorties récentes. Le chrono squelette Independence de Norkin, bien que qualitativement réussi, suscite des interrogations sur son positionnement tarifaire et sa lisibilité dans un marché saturé. Bell & Ross, avec sa BR 03 Horizon, tire son épingle du jeu grâce à une lecture inédite inspirée de l’instrumentation aéronautique. La Formex Stratos UTC, quant à elle, divise : trop massive pour certains, pertinente dans sa cohérence pour d’autres. Un consensus émerge toutefois sur le fait que l’industrie horlogère ose plus qu’avant, quitte à dérouter.
Omega Regatta : entre ambitions nautiques et déconvenues techniques
L’Omega Regatta se présente comme une montre taillée pour la voile : boîtier titane de 46,75 mm, calibre quartz 5701 bourré de fonctions (compte à rebours, chrono, alarme, phase de lune…), design inspiré de l’univers maritime. Pourtant, elle déçoit sur un point clé : son étanchéité limitée à 5 ATM. Une aberration pour un modèle présenté comme « tool watch » pour navigateur aguerri.
Les chroniqueurs ne cachent pas leur déception, dénonçant un modèle trop « gadget », trop « X33 revival » mal assumé, et surtout hors de prix (environ 6500 CHF). Ils pointent un décalage entre le storytelling et la réalité technique. Certains ironisent même sur son esthétique « LCD des années 80 ».
L’identité française en horlogerie : un débat fondamental
L’échange glisse alors vers une réflexion sur les marques françaises. Sont-elles sous-cotées ? Nicolas de Beaubleu, tout comme les autres intervenants, défendent la richesse de la scène française, qui, selon eux, ose davantage en matière de design et de positionnement. Beaubleu, Yema, Baltic, March Lab, mais aussi des maisons plus établies comme Bell & Ross ou Cartier (bien que produites en Suisse), incarnent une approche différente : plus narrative, plus esthétique, moins figée que leurs homologues suisses.
Les chroniqueurs regrettent cependant un manque de reconnaissance internationale, lié autant à des préjugés qu’à une difficulté à imposer une image forte de « Made in France » horloger. L’exemple de Serica, à la fois très français dans l’expression et très suisse dans la rigueur, est salué comme un modèle de cohérence et d’ambition.
Entre coups de coeur et satire : le jeu des collections
Comme souvent dans Flyback, l’épisode se termine par un jeu : composer une collection de montres à partir de sélections thématiques. Une façon ludique de jauger les préférences de chacun, mais aussi de souligner les tendances et les exagérations du marché. Rolex, Patek, Zenith, mais aussi Studio Underdog et Seiko, tous y passent. Le ton reste moqueur, passionné et très complice.
Un podcast qui dénote, et qui questionne
Ce douzième épisode de Flyback s’impose comme une réussite par sa liberté de ton et la pertinence de ses sujets. Nicolas de Beaubleu y incarne avec authenticité une nouvelle voie dans l’horlogerie française, entre audace formelle et volonté d’affirmation. Omega, de son côté, se retrouve au centre des critiques, non sans fondement. En filigrane, c’est tout un écosystème horloger qui est analysé : ses dérives, ses espoirs, ses contradictions.



