Flyback #45 : la Humbert-Droz HD9 Deep Pro, une montre pro, testée à fond
Sommaire
- 1. Humbert-Droz HD9 Deep Pro : une véritable montre outil
- 2. Formex Field : un souffle nouveau, mais clivant
- 3. Longines Spirit Zulu Time 1925 : entre tradition et ambition
- 4. Zenith Chronomaster Triple Calendar : entre rêve et réalité
- 5. Calibres « manufacture » : la grande confusion
- 6. Enjeux de labellisation : vers un système à étoiles
- 7. Conclusion : un épisode riche et essentiel
Humbert-Droz HD9 Deep Pro : une véritable montre outil
Julien, fondateur de la marque Humbert-Droz, porte fièrement la HD9 Deep Pro. Ce garde-temps, fruit d’une collaboration avec le plongeur Maxime Goa, se distingue par sa robustesse et sa lisibilité sous-marine. Dotée d’un boîtier en titane grade 2, elle conjugue légèreté et résistance, tout en offrant une esthétique moderne et efficace. Le cadran « panda » (fond clair et compteurs sombres) accentue son identité sportive.
Le test en condition réelle à 40 mètres est un gage de sérieux, et Julien insiste sur l’importance de porter et tester ses montres pour les connaître intimement. Cette démarche artisanale, basée sur l’expérience vécue, est rare et mérite d’être soulignée dans un monde où le marketing prend souvent le pas sur la fonction.
Formex Field : un souffle nouveau, mais clivant
Le panel d’experts analyse ensuite la nouvelle Formex Field, disponible en trois coloris inédits : glacier blue, saumon et gris basalte. La montre, en titane sablé grade 2, étonne par son apparence presque plastique à distance. Ce rendu dérange certains, mais suscite aussi la curiosité.
Côté technique, elle embarque un calibre Sellita SW200-1. Les finitions sont saluées, notamment la boucle à micro-ajustement. Si le boîtier divise, les cadrans sont unanimement appréciés pour leur originalité. Proposée à 850 €, elle offre une alternative sérieuse aux classiques du genre comme la Hamilton Khaki Field, souvent recommandée pour débuter.
Longines Spirit Zulu Time 1925 : entre tradition et ambition
La discussion se poursuit avec la Longines Spirit Zulu Time 1925. Hommage au passé, elle adopte un style sobre et efficace, au cadran noir mat et détails en or rose. Si la qualité perçoit immédiatement, son prix de 4450 € divise. Certains regrettent un manque d’élan créatif, d’autres louent la cohérence esthétique.
Son mouvement automatique L844.4, développé sur base ÉTA, n’est pas considéré comme un calibre manufacture. Ce point ouvre un débat sur les définitions floues du « manufacture », thème majeur du podcast.
Zenith Chronomaster Triple Calendar : entre rêve et réalité
Le dernier modèle évoqué est le sublime Chronomaster Triple Calendar 38 mm de Zenith. Avec son cadran en lapis-lazuli, ses touches dorées de pyrite et son mouvement El Primero 3610, elle dégage une aura poétique et technique.
Pour autant, son prix de 23 700 € choque. Esthétiquement remarquable, elle souffre d’un certain manque de cohérence dans la stratégie produit de la marque selon les intervenants. L’émotion que suscite le mouvement El Primero ne suffit pas à convaincre à ce tarif.
Calibres « manufacture » : la grande confusion
La deuxième partie de l’épisode déconstruit le concept de « calibre manufacture ». Julien insiste : un véritable mouvement manufacture doit être conçu, développé, usiné et assemblé en interne. Rebadger un calibre Sellita ou Miyota sous un nom maison n’est pas suffisant.
En France, le flou législatif permet de revendiquer une mention « Made in France » sur la seule base de l’assemblage final. Cela nourrit une certaine méfiance. Julien et ses invités appellent à plus de transparence et à la création d’un label français, équivalent au « Swiss Made ».
Enjeux de labellisation : vers un système à étoiles
Un modèle à la manière des étoiles Michelin est évoqué pour valoriser les marques qui conçoivent et produisent réellement leurs pièces. Il s’agirait d’un référentiel clair, indépendant des contraintes législatives, visant à restaurer la confiance des consommateurs.
Julien, horloger passionné et héritier d’une longue tradition familiale, se veut optimiste mais lucide : le marché français reste fragmenté, les volontés de coopération rares. Pourtant, l’exemple suisse montre qu’une alliance sectorielle peut porter ses fruits.
Conclusion : un épisode riche et essentiel
Ce 45e épisode de Flyback explore des montres emblématiques, mais surtout décrypte les enjeux de fond : authenticité des démarches industrielles, clarté des labels, et avenir de l’horlogerie française. Un contenu dense, indispensable pour toute personne s’intéressant à l’horlogerie au-delà des apparences.



