Flyback #33 : Dédale, une jeune marque française de montres aviatrices qui fait mouche
Dans le 33e épisode du podcast Flyback, les auditeurs ont découvert la genèse et les ambitions de Dédale, une nouvelle marque française de montres inspirées de l’univers de l’aviation. Fondée par Bastien Baquier, passionné de mécanique et de vol, Dédale est l’incarnation d’un rêve nourri pendant plus de trois ans. Bastien, ancien technicien de maintenance aéronautique et pilote privé, a voulu concevoir une montre qui marie esthétique, ingénierie et fonctionnalité. Il a ainsi donné naissance à une montre chronoscope inspirée des standards de l’aviation, tout en introduisant une touche contemporaine.
Sommaire
- 1 Une montre-pilote contemporaine mais fidèle à l’esprit des Type 20
- 2 Un mouvement japonais haut de gamme choisi pour sa pertinence technique
- 3 Une esthétique raffinée, loin des clichés militaires
- 4 Un financement participatif assumé
- 5 Une réception enthousiaste de la communauté horlogère
- 6 Un nom qui porte une ambition
Une montre-pilote contemporaine mais fidèle à l’esprit des Type 20
Le modèle principal de Dédale, baptisé « WAYP », se veut une interprétation moderne du chronographe Type 20. Contrairement à d’autres marques qui se contentent de ressusciter des designs vintage sans réelle innovation, Dédale a pris le pari de réinterpréter l’ADN militaire en une pièce raffinée, portable au quotidien. La montre affiche un cadran au verre bombé façon « glassbox », un insert de lunette en saphir et des détails comme des aiguilles facettées et des index appliqués. On est loin d’une simple relecture nostalgique.
Le boîtier de 39 mm pour 14 mm d’épaisseur conserve des proportions contenues, avec des cornes droites légèrement relevées, fidèles à l’esprit Flieger des années 30. La lunette bidirectionnelle, épurée et sans graduation superflue, permet un usage personnalisé, qu’on désire marquer des durées en minutes ou en heures. Exit donc les tachymètres sans utilité en aviation.
Un mouvement japonais haut de gamme choisi pour sa pertinence technique
Sous le cadran bat un mouvement Seiko NE86, calibre chronographe reconnu pour sa robustesse et ses performances : roue à colonnes, embrayage vertical, réserve de marche confortable. Bastien a fait le choix d’écarter les mouvements suisses Sellita, jugés trop onéreux ou inadaptés, ainsi que les solutions chinoises, peu cohérentes avec son positionnement qualitatif. Ce choix témoigne d’une logique de conception rigoureuse, où la cohérence entre qualité perçue, performance et prix est préservée.
Une esthétique raffinée, loin des clichés militaires
Le design de la Dédale est très travaillé. Le logo, inspiré d’une aiguille de cadran flanquée d’ailes stylisées, évoque autant l’univers aéronautique que l’art déco, sans tomber dans l’ornementation gratuite. Les cadrans disponibles (brun fumé, bleu nuit) offrent une profondeur visuelle qui met en valeur les sous-compteurs, un des traits marquants du modèle.
Le modèle brun en particulier a séduit plusieurs membres de l’équipe Flyback par son grain fin, sa texture brillante et la manière dont les compteurs s’en détachent. Il est rare qu’une jeune marque obtienne un tel niveau de finition et de contraste visuel dès son premier prototype.
Un financement participatif assumé
Bastien a fait le choix du financement participatif sur Kickstarter pour assurer le lancement. Il assume ce recours non pas comme un effet de mode, mais comme une nécessité pour une marque indépendante sans investisseurs externes. Il insiste sur sa volonté d’éviter la dépendance aux banques ou à des partenaires exigeant des compromis sur la qualité ou la vision. Le projet, entièrement autofinancé jusqu’à la phase de prototypage, témoigne de l’engagement total de son fondateur.
Une réception enthousiaste de la communauté horlogère
Au fil de l’épisode, les chroniqueurs saluent le travail de Bastien. La cohérence du design, la qualité d’exécution, la personnalité affirmée du modèle et le choix d’un mouvement pertinent sont autant de points forts soulignés. On note aussi l’absence de compromis sur des aspects souvent sacrifiés par les micro-marques, comme l’étanchéité ou la finition des cornes et poussoirs.
Certains y voient même un contrepoint intelligent à la dérive de certaines grandes maisons qui, à force de vouloir « moderniser » leurs iconiques Type 20, dénaturent leur essence.
Un nom qui porte une ambition
« Dédale » renvoie à l’ingénieur mythologique, père d’Icare, célèbre pour avoir construit le labyrinthe du Minotaure et conçu les ailes pour fuir Crète. C’est donc le symbole parfait du créateur, de l’artisan libre, et du lien entre le ciel, la mécanique et l’homme. Bastien assume cette filiation symbolique dans le nom même de la marque, qui résume à elle seule la vision derrière le projet.
Dédale ne se contente donc pas de reproduire une esthétique vintage : la marque s’inscrit dans une démarche sincère et créative, en cohérence avec les besoins d’aujourd’hui. Une initiative rare, que les passionnés auront sans doute plaisir à soutenir.



