Flyback #23 : Ressence Type 9, Yema Slim CMM 2.0, et les tendances horlogères de 2025
Sommaire
- 1 Ressence Type 9 : l’innovation minimaliste à 12 500 €
- 2 Yema Slim CMM 2.0 : belle ambition, fiabilité incertaine
- 3 Citizen Series 8 : la qualité nippone dans sa zone de confort
- 4 Richard Mille RM 032 : l’exubérance assumée
- 5 Nomos Zürich Worldtimer : GMT à la sauce allemande
- 6 Marques émergentes et micro-marques : entre passion et prudence
- 7 Conclusion
Ressence Type 9 : l’innovation minimaliste à 12 500 €
L’épisode 23 du podcast « Flyback » met en lumière une pièce qui alimente les débats dans la sphère horlogère : la Ressence Type 9. Conçue en titane Grade 5, elle affiche un poids plume de 39 g pour un diamètre de 39 mm et une épaisseur de 11 mm. Dotée du calibre ETA 2892 A2 associé au module ROCS, cette montre s’adresse aux amateurs de design minimaliste. Elle se distingue notamment par son affichage décentré fluidique et sa lisibilité saisissante, mais suscite aussi des réticences : certains la jugent trop fade, voire comparable à un cadran de montre connectée.
Malgré ces critiques, la Type 9 incarne un véritable exercice de design et d’ingénierie. L’expérience de lecture, le mouvement des disques baignant dans l’huile et la pureté de la présentation méritent le respect. Toutefois, son tarif de 12 500 € pose question. L’innovation est-elle suffisante pour justifier ce prix ? L’argument du luxe technologique est récurrent, mais le grand public pourrait rester perplexe.
Yema Slim CMM 2.0 : belle ambition, fiabilité incertaine
Autre montre pháre évoquée : la Yema Slim CMM 2.0. Dotée d’un calibre maison microrotor, elle affiche une épaisseur contenue de 9 mm pour un diamètre de 39 mm. La version noir PVD présentée propose un cadran texturé assez audacieux. Cependant, cette version limitée à 100 pièces coûte 2 449 €, soit 200 € de plus que la version standard.
L’équipe de « Flyback » relève que si l’esthétique est réussie, les problèmes de qualité récurrents chez Yema freinent l’enthousiasme. Le mouvement microrotor est prometteur, mais les expériences de service client mitigées et les différences de teinte sur les cadrans laissent planer le doute. Yema semble encore coincée entre innovation maison et fiabilité industrielle.
Citizen Series 8 : la qualité nippone dans sa zone de confort
La discussion se poursuit autour de la nouvelle série 8 de Citizen, avec les modèles 831, 870, 880 (GMT), et 890. Chaque version développe une esthétique propre, du sport chic au néo-rétro. Les cadrans (notamment le Sakura en or rose) suscitent l’admiration : travail de texture subtil, intégration soignée de la lunette et du bracelet, cohérence globale.
La critique se concentre sur certains choix comme l’utilisation de calibres différents entre les modèles et l’absence de travail sur le fond de boîtier. Toutefois, la série est saluée pour son confort au poignet, sa cohérence tarifaire, et sa capacité à offrir une véritable alternative qualitative aux montres suisses d’entrée de gamme.
Richard Mille RM 032 : l’exubérance assumée
Mentionnons également la RM 032 de Richard Mille. Avec son boîtier de 50 mm en titane et carbone TPT, son calibre RMAC2 flyback, une réserve de marche de 50 heures et une étanchéité de 30 ATM, elle repousse les limites du portable. Affichée à 210 000 CHF, cette montre divisera : certains la trouvent trop massive et illisible, d’autres y voient un ovni technique.
Cette pièce incarne la philosophie Richard Mille : fusionner performance, matériaux de pointe et design décomplexé. Son esthétique agressive et ses détails techniques (indicateur de marche, calendrier annuel) en font une montre d’exception. Pourtant, la question de l’utilité fonctionnelle se pose face à un tarif aussi élevé.
Nomos Zürich Worldtimer : GMT à la sauce allemande
Dernière monture analysée : la Nomos Zürich Worldtimer, une GMT à disque décentré. Sa fonctionnalité intuitive (bouton-poussoir pour changer de ville), son esthétique épurée, et son calibre maison la rendent attrayante pour les amateurs de complications sobres. Le cadran bleu, en version collab’, suscite l’intérêt par sa différenciation.
Néanmoins, certains regrettent la longueur des cornes, classique chez Nomos, qui allonge la montre sur poignet. Le positionnement tarifaire (environ 4 000 €) est perçu comme correct au vu du travail horloger.
Marques émergentes et micro-marques : entre passion et prudence
La deuxième moitié du podcast bascule dans un débat passionné sur le rapport aux micro-marques. Les intervenants partagent leur expérience : certains aiment la proximité offerte (soirées avec fondateurs, participation à la création), d’autres redoutent les problèmes de fiabilité, le SAV difficile, ou l’impossibilité de voir les modèles en boutique.
Des marques comme Baltic (10 M€ de chiffre d’affaires), Akrone, ou Beaubleu sont mentionnées pour leur modèle communautaire. Pour beaucoup, le microbrand est une aventure humaine. Mais les déceptions peuvent être fortes. À l’inverse, les grandes marques rassurent par leur infrastructure, même si elles peuvent paraître froides ou surfacturées.
Conclusion
Cet épisode riche met en exergue les paradoxes de l’horlogerie contemporaine : entre volonté d’innover et respect des codes, entre recherche de distinction et fiabilité industrielle. La Ressence Type 9, Yema Slim ou Citizen Series 8 incarnent chacune une facette de cette tension. Tandis que les micro-marques bousculent les habitudes, les maisons historiques tentent de rester pertinentes. Un constat demeure : le marché horloger n’a jamais été aussi riche en expérimentations, pour le meilleur et parfois pour le moins bon.




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